Haché de cheval et météorite en pluie

On bouffe du cheval. Et alors ? Problème sanitaire ? Il y a bien un produit pour soulager les articulations des vieux chevaux qui rend leur viande impropre à la consommation, le phénylbutazone, un anti-inflammatoire, mais ça, c’est utilisé aux States. Ou encore la trichnine, un sympathique vers parasite qui vient se loger dans les tissus musculaires, mais le risque n’est pas plus élevé que pour d’autres viandes. C’est vrai que si j’achète une lasagne étiquetée « boeuf », je serais surpris de savoir que je mange du cheval et je me poserais de sérieuse questions sur la traçabilité du produit…

Mais bon, on n’aime pas manger du cheval, l’animal noble qui portait son chevalier ou qui tirait la charrue avant les boeufs. Et arrive la révolution industrielle. Le cheval est relégué aux loisirs ou aux abattoirs, les hygiénistes du dix-neuvième prétendent que c’est la viande la plus saine qui existe, riche en fer et pauvre en graisses, et surtout, dans les boucheries chevalines, le kilo de viande est moins cher que le boeuf… Le filet de cheval devient prolo !

Actuellement, la viande de cheval est plus chère que le boeuf, même avec l’interdiction en Roumanie d’utiliser des attelages de chevaux sur les routes depuis 2008. Le cours de la viande de cheval ne varie pas trop, le prix du kilo de cheval roumain est comparable à la moyenne… et reste aussi chère que le veau… Intriguant. Quel avantage à utiliser de la viande de cheval ?

Vu d’ici, Kigali, manger du cheval ou du boeuf, mouais, débat de pays riches, ça reste des concentrés de protéines ! Pendant le génocide, les chevaux du cercle sportif couraient dans les rues, perdus. L’un aurait été brûlé vif et l’autre, mangé. Cette semaine en allant au marché acheter mon poison et mon poulet, je me suis rendu compte que les cuisses gallinacées venaient des Etats-Unis, le maquereau de Corée, les sardines du Yémen, le tilapia d’Inde et la perche du cauchemar de Darwin, du lac Victoria.

C’est le capitalisme, c’est lui le problème. Là, d’un coup, je veux bouffer du pseudo-scientifique, du steak d’économiste, bien saisi en début de cuisson.

Et puis, paf ! Des vidéos amateurs provenant de voitures d’Oural montrent une pluie de météorites sur fond de Country-music crachée par les auto-radios (ambiance de fin du monde assurée !!). Traînée de fumée dans le ciel et puis une lumière intense comme un immense flash au magnésium. Boum, onde de choc, 200000m2 de vitres soufflées, 1200 blessés. Le lendemain, un météorite de la taille de quatre terrain de tennis nous frôle à 1/10 de la distance terre-lune. Odeur de dinosaure un peu trop cuit.

L’humanité est bien peu de choses.

Science et Avenir

SOS Conso, le blog de Rafaele Rivais, journaliste au Monde